Extrait : En juillet 1518, une femme commence à danser dans les rues de Strasbourg. En quelques semaines, près de 400 personnes la rejoignent, dansant jour et nuit sans pouvoir s'arrêter. Certaines en meurent. Personne ne comprend pourquoi.
L'été où Strasbourg a perdu la raison
Imaginez une chaude matinée de juillet 1518. Les rues de Strasbourg — alors ville libre du Saint-Empire romain germanique, aujourd'hui en Alsace française — s'éveillent dans la chaleur lourde de l'été. Les marchands disposent leurs étals sur la place du Marché. Les artisans ouvrent les volets de leurs ateliers. Les enfants jouent entre les maisons à colombages dont les façades colorées se reflètent dans l'Ill, le petit fleuve qui traverse la cité. Rien ne laisse présager ce qui va se produire dans les heures et les jours à venir.
Puis une femme apparaît.
Elle s'appelle — selon les chroniques de l'époque — Frau Troffea. Les sources ne nous disent pas grand-chose d'elle : est-elle mariée ? A-t-elle des enfants ? Quel est son métier ? Le silence des archives sur son identité est presque aussi troublant que l'événement lui-même. Ce que l'on sait, c'est qu'elle sort de chez elle ce matin-là et se met à danser.
Pas un tournoiement joyeux, pas une ronde enfantine, pas le bal d'un dimanche villageois. Une danse compulsive, rythmée, impossible à arrêter. Elle lève les pieds, les repose, les relève. Ses bras battent l'air. Son corps oscille d'un côté puis de l'autre. Elle danse dans la rue, le long des façades, devant les églises, sur les pavés inégaux. Elle ne rit pas. Elle ne chante pas. Elle ne semble pas ressentir de plaisir. Elle danse.
Les passants s'arrêtent. Certains la regardent avec perplexité, inclinant la tête comme on le fait face à un comportement incompréhensible. D'autres détournent le regard, pressentant que quelque chose de profondément anormal se produit. Quelques-unes tentent de lui parler, de la retenir par le bras. Mais Frau Troffea ne s'arrête pas. Elle danse pendant des heures. Puis pendant des jours. Sans boire. Sans manger. Sans dormir. Ses pieds se couvrent d'ampoules qui crèvent, laissant des traînées de sang sur les pavés. Ses vêtements se déchirent. Ses cheveux se défont.
En quelques jours, d'autres personnes commencent à danser avec elle. D'abord trois ou quatre. Puis une dizaine. Puis une vingtaine. Le phénomène s'étend comme une traînée de poudre dans les quartiers populaires de la ville. Il semble que rien ne puisse l'arrêter.
Strasbourg au XVIe siècle : une ville au bord du gouffre
Pour comprendre ce qui s'est produit en ce mois de juillet 1518, il faut d'abord comprendre dans quel contexte cela s'est déroulé. Car la peste dansante n'est pas un événement isolé : elle est le symptôme d'une ville, et d'une société, au bord de l'effondrement.
Strasbourg en 1518 n'est pas la ville paisible et prospère que l'on connaît aujourd'hui. C'est une cité marquée par la misère. L'hiver précédent a été l'un des plus rigoureux du siècle. Les Alpes ont été bloquées par des neiges persistantes, empêchant les échanges commerciaux avec l'Italie. Les récoltes ont été catastrophiques dans toute l'Europe centrale. La famine guette les quartiers populaires. Le prix du blé a doublé en quelques mois. Les plus pauvres en sont réduits à manger de l'orge et du seigle — c'est-à-dire les céréales les plus susceptibles d'être contaminées par l'ergot, un champignon toxique.
La variole et la syphilis se propagent dans les rues étroites et insalubres. La syphilis, en particulier, fait alors rage en Europe depuis quelques décennies seulement — elle a été « importée » d'Amérique au retour des premiers conquistadors, et les médecins du XVIe siècle ne savent pas la traiter. Elle provoque des défigurations, de la folie et la mort.
La ville est également traversée par des tensions sociales profondes. Les prix des denrées alimentaires augmentent tandis que les salaires stagnent. Les corporations de métiers se disputent. Les bourgeois s'enrichissent tandis que les ouvriers s'appauvrissent. L'Église, qui détient encore une autorité morale considérable, perd progressivement du terrain face à la Réforme luthérienne qui secoue l'Europe germanique depuis 1517. Les prêches de Martin Luther résonnent dans les villes du Rhin supérieur. Les habitants de Strasbourg, divisés entre catholiques et luthériens, se regardent avec méfiance.
C'est dans ce contexte de détresse collective — famine, maladie, peur, division — que la danse commence.

L'escalade : de quelques danseurs à près de 400 personnes
Les chroniques de l'époque — principalement des rapports municipaux, des chroniques paroissiales et des notes de médecins — rapportent que le phénomène a explosé avec une rapidité stupéfiante.
Selon l'historien John Waller, professeur à l'Université d'État du Michigan et auteur de A Time to Dance, A Time to Die: The Extraordinary Story of the Dancing Plague of 1518 (2009), le nombre de danseurs est passé d'une poignée à plusieurs dizaines en une semaine, puis à environ 400 personnes en un mois. Le chiffre de 400 est cité dans plusieurs chroniques contemporaines, bien que certains historiens estiment qu'il pourrait être exagéré.
Ces danseurs ne sont pas tous des marginaux ou des déséquilibrés. Ce sont des artisans, des femmes au foyer, des jeunes gens, des personnes âgées. Des gens ordinaires, happés par une force qu'ils ne comprennent pas. Les femmes semblent avoir été surreprésentées parmi les danseurs, ce qui a conduit certains historiens à évoquer un lien avec les troubles hystériques — mais cette interprétation est aujourd'hui remise en question, car les chroniques de l'époque ne font pas toujours la distinction entre hommes et femmes.
Ils dansent dans les rues, sur les places publiques, devant les églises. Certains dansent nus, abandonnant leurs vêtements au fur et à mesure que la chaleur et l'effort les submergent. D'autres poussent des cris, rient ou pleurent sans raison apparente. Quelques-uns se battent avec les spectateurs qui tentent de les retenir, les frappant du poing ou les mordant. Leurs pieds saignent. Leurs corps s'arc-boutent dans des postures qui défient l'anatomie. Certains finissent par s'effondrer, épuisés, et ne se relèvent plus.
Les chroniques rapportent que plusieurs danseurs sont morts — probablement de crises cardiaques, d'accidents vasculaires cérébraux ou d'épuisement total. Le chiffre exact reste inconnu, car les registres de décès de l'époque ne font pas toujours la distinction entre les morts de la « danse » et les morts de maladie ou de famine. Mais l'hécatombe est réelle.
Le phénomène n'est pas sans rappeler ce que l'on appelait alors le « mal de Saint-Vit » — une affection nerveuse associée au saint patron des danseurs, Saint Vitus, que l'on croyait capable de maudire les pécheurs en les condamnant à danser éternellement. Dans l'esprit des Strasbourgeois du XVIe siècle, la peste dansante est avant tout une punition divine.
Les remèdes de la ville : une décision qui a tout aggravé
Face à cette situation inédite, les autorités de Strasbourg ont pris une décision qui, avec le recul, apparaît comme l'une des erreurs médicales les plus spectaculaires de l'histoire.
Convaincus que les danseurs souffrent d'une surchauffe sanguine (das warme Blut), une théorie médicale très répandue à l'époque qui voulait que les excès de « sang chaud » provoquent les convulsions et les comportements maniaques, les échevins ont décidé d'organiser des bals publics. L'idée était que la danse, en étant canalisée et accompagnée de musique, permettrait aux danseurs de se « vider » et de retrouver un état normal. En d'autres termes : si ces gens dansent trop, c'est qu'ils ont besoin de danser — alors donnons-leur ce qu'ils veulent.
Ils ont fait construire une estrade sur la place du Marché. Ils ont engagé des musiciens — des joueurs de luth, de la flûte, du tambour. Ils ont ouvert des salles de bal dans les auberges de la ville. Ils ont même, selon certaines sources, décrété que les danseurs ne pouvaient pas être empêchés de danser — une décision qui, dans un contexte de panique, a eu pour effet de normaliser le comportement.
Le résultat a été l'opposé de celui attendu. Au lieu de calmer la manie, ces mesures l'ont amplifiée. La musique a attiré de nouveaux participants, attirés par le son des instruments et le spectacle des danseurs. Le spectacle a créé un effet d'entraînement : des personnes qui n'auraient pas osé danser dans la rue se sont jointes aux processions. Le bal est devenu un événement, un rituel, une forme de cérémonie publique.
Comme le note Waller : « Les autorités ont involontairement amplifié la crise en encourageant les danseurs à continuer. »
Il a fallu attendre plusieurs semaines pour que les échevins comprennent leur erreur. Ils ont alors changé de stratégie : ils ont interdit les bals, fermé les salles de musique et tenté de séparer les danseurs les uns des autres. Certains ont été enfermés dans des granges. D'autres ont été attachés. Mais rien n'a fonctionné. Les danseurs se libéraient de leurs liens, brisaient les portes, continuaient leur sinistre procession.
Les explications avancées
La peste dansante de 1518 reste l'un des grands mystères de l'histoire médicale. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer ce phénomène extraordinaire, aucune n'étant définitivement confirmée. La difficulté tient au fait que les documents d'époque, bien que nombreux, ne permettent pas de reconstituer précisément ce qui s'est passé — et que les outils médicaux et scientifiques modernes ne sont évidemment pas applicables à un événement survenu il y a plus de cinq siècles.
L'ergotisme : le pain empoisonné
L'hypothèse la plus ancienne attribue la manie à l'ergotisme, une intoxication provoquée par la consommation de seigle contaminé par le champignon Claviceps purpurea. L'ergot contient des alcaloïdes — dont l'ergotine et la lysergine — proches du LSD, capables de provoquer des hallucinations, des convulsions et des comportements erratiques.
L'ergotisme était bien connu au Moyen Âge — on l'appelait « feu de Saint-Antoine » en raison des brûlures que les victimes ressentaient. Il a causé des épidémies dévastatrices dans toute l'Europe. L'historien de la médecine H.C. Erik Midelfort, dans A History of Madness in Sixteenth-Century Germany (1998), rappelle que l'ergotisme a été l'une des maladies les plus redoutées de l'époque médiévale, et que ses symptômes — convulsions, gangrène, hallucinations — étaient bien documentés.
Cependant, l'hypothèse de l'ergotisme pour expliquer la peste dansante de 1518 présente plusieurs failles. Premièrement, l'ergot provoque généralement des convulsions et de la gangrène, pas une danse rythmée et prolongée. Deuxièmement, le seigle contaminé ne peut pas expliquer pourquoi le phénomène s'est concentré dans un seul quartier de la ville — l'ergotisme touchait généralement des populations entières, pas des groupes isolés. Troisièmement, le climat humide de l'été 1518 n'est pas favorable au développement de l'ergot, qui prospère dans les étés chauds et secs.
La maladie psychogène massive
L'explication aujourd'hui la plus acceptée par les chercheurs est celle de la maladie psychogène massive (mass psychogenic illness), aussi appelée « hystérie collective » ou « trouble de conversion dissociatif ». Selon cette théorie, les danseurs ne souffrent pas d'une maladie physique, mais d'un trouble psychosomatique déclenché par le stress extrême, la peur et la détresse émotionnelle.
Le mécanisme serait le suivant : dans une communauté déjà fragilisée par la famine, la maladie et les tensions sociales, la peur de la danse — longtemps associée au « mal de Saint-Vit » et à la colère divine — a pu déclencher une réaction en chaîne. La première danseuse, Frau Troffea, a pu souffrir d'un trouble nerveux — peut-être un tic, peut-être un début de chorée — qui, dans le contexte de peur collective, s'est propagé par contagion psychologique.
La contagion psychogène est un phénomène bien documenté par les sciences humaines. Elle repose sur le fait que les humains sont des êtres sociaux dont le comportement est profondément influencé par celui des autres. Dans une situation de stress extrême, le cerveau peut « décider » que la meilleure réponse est d'imiter le comportement observé — même si ce comportement est irrationnel ou dangereux.
L'historien Robert Bartholomew, spécialiste des phénomènes sociaux et auteur de Little Green Men, Meowing Nuns, and Head-Hunting Panics: A Study of Mass Psychogenic Illness and Social Delusion (2001), souligne que de tels épisodes ne sont pas rares dans l'histoire. Des manifestations similaires ont été documentées en Allemagne en 1374 — l'un des premiers cas bien attestés —, en Italie avec le tarantisme (où des personnes dansaient après avoir été supposément piquées par des araignées), et dans de nombreuses autres régions d'Europe entre le XIVe et le XVIIe siècle. La peste dansante de 1518 n'est pas un cas isolé : elle s'inscrit dans une longue tradition de danses maniaques qui ont secoué l'Europe pendant plusieurs siècles.
Le rituel religieux dégénéré
Une troisième hypothèse, plus controversée, suggère que la danse pourrait avoir des origines rituelles. Au Moyen Âge, certaines confréries religieuses pratiquaient des danses extatiques en l'honneur de Saint-Vit ou de Saint-Jean-Baptiste. Ces danses étaient considérées comme des formes de prière physique, des manifestations de piété qui permettaient aux fidèles de s'approcher de Dieu par le mouvement du corps.
L'historien John Waller mentionne que des processions de pénitents danseurs existaient encore au XVIe siècle dans certaines régions d'Europe. Il est possible qu'un tel rituel ait mal tourné, déclenchant une réaction en chaîne dans une population déjà fragilisée par la misère et la peur. La frontière entre le rituel religieux et la manie est parfois ténue — surtout dans une époque où la foi et la superstition coexistent étroitement.
Le stress environnemental cumulé
Une quatrième approche, plus holistique, consiste à ne pas chercher une cause unique mais à considérer la peste dansante comme le résultat d'un cumul de facteurs : famine, maladie, peur, superstition, isolement social, et peut-être une prédisposition génétique à la conversion dissociative. Dans cette perspective, la danse n'est pas le symptôme d'une seule cause, mais l'expression d'une détresse multidimensionnelle.
Cette approche est aujourd'hui privilégiée par de nombreux chercheurs, car elle permet d'éviter la simplification excessive. La peste dansante de 1518 est probablement le résultat d'une combinaison de facteurs — biologiques, psychologiques, sociaux et culturels — qui, ensemble, ont créé les conditions d'un phénomène d'une ampleur inédite.
Les parallèles historiques : une tradition de danses maniaques
La peste dansante de 1518 n'est pas un événement unique dans l'histoire. Elle s'inscrit dans une longue tradition de « danses maniaques » (dancing mania ou choreomanie) qui ont secoué l'Europe pendant plusieurs siècles.
Les premiers cas documentés remontent au VIIe siècle, mais c'est à partir du XIVe siècle que le phénomène prend de l'ampleur. En 1237, un groupe d'enfants a marché en sautant et dansant d'Erfurt à Arnstadt, en Thuringe — un épisode qui rappelle étrangement la légende du Joueur de flûte de Hamelin, dont l'origine est souvent associée à cet événement.
En 1278, environ 200 personnes dansant sur un pont au-dessus de la Meuse ont provoqué l'effondrement de la structure. Les survivants ont été soignés dans une chapelle dédiée à Saint-Vit.
La première grande épidémie a éclaté en 1374, à Aachen, avant de se propager dans toute l'Europe occidentale : Cologne, Flandre, Metz, Strasbourg, Utrecht, et même l'Italie et le duché de Luxembourg. Les chroniques de l'époque décrivent des foules de plusieurs milliers de personnes dansant pendant des heures, des jours, voire des semaines.
Au XVIe siècle, le phénomène atteint son apogée. En 1536, un épisode impliquant des enfants se produit à Bâle. En 1551, un seul homme danse pendant des heures à Anhalt. Au XVIIe siècle, le professeur de médecine Gregor Horst rapporte que des femmes visitent chaque année la chapelle de Saint-Vit à Drefelhausen « pour danser follement jour et nuit jusqu'à ce qu'elles s'effondrent en extase ». L'une d'elles aurait dansé chaque année pendant trente-deux ans.
La peste dansante de 1518 reste cependant le cas le mieux documenté et le plus spectaculaire de cette longue tradition. John Waller et Robert Bartholomew s'accordent à dire que les épidémies de 1374 et de 1518 sont les seules pour lesquelles nous disposons d'abondantes sources contemporaines.
Le mystère demeure
Ce qui rend la peste dansante de 1518 si fascinante, c'est qu'elle défie les catégories habituelles. Ce n'est pas une épidémie au sens médical du terme — il n'y a pas de pathogène identifié, pas de mode de transmission connu. Ce n'est pas non plus une simple « hystérie collective » au sens trivial du terme — les danseurs ne sont pas des simulateurs ni des déséquilibrés. C'est quelque chose d'entre les deux — un phénomène qui révèle la puissance inexplorée du lien entre le corps, l'esprit et la communauté.
Les documents d'époque témoignent d'une incompréhension totale de la part des contemporains. Les médecins étaient impuissants — ils ne disposaient d'aucun traitement efficace contre ce qu'ils considéraient comme une maladie ou une malédiction. Les autorités ont empiré les choses en encourageant la danse. Les prêtres priaient sans résultat visible, multipliant les processions et les messes pour apaiser la colère divine.
La danse s'est éteinte aussi mystérieusement qu'elle avait commencé, probablement à la fin du mois d'août ou en septembre 1518. Les chroniques deviennent muettes sur les dernières semaines de l'événement, comme si la ville elle-même avait voulu oublier cette période de folie collective. Les survivants, épuisés et traumatisés, ont repris le cours de leur vie — mais la mémoire de cet épisode a longtemps hanté Strasbourg.
L'héritage d'un mystère
La peste dansante de 1518 n'est pas un fait isolé. Elle s'inscrit dans une longue tradition de « danses maniaques » qui ont secoué l'Europe pendant plusieurs siècles. L'épisode de Strasbourg reste cependant le plus documenté et le plus spectaculaire.
Aujourd'hui, ce phénomène continue d'intriguer les chercheurs de multiples disciplines — historiens, médecins, psychologues, sociologues. Il est régulièrement cité dans les études sur les maladies psychogènes, les crises de panique collective et la sociologie des foules. Des chercheurs comme John Waller, Robert Bartholomew ou H.C. Erik Midelfort ont consacré des années de travail à la compréhension de cet événement, sans jamais parvenir à une explication définitive.
Mais au-delà de l'intérêt scientifique, la peste dansante de 1518 nous parle de quelque chose de plus profond : la vulnérabilité de l'humain face à l'incompréhensible. Dans une époque de crises — comme la nôtre —, le corps peut devenir le théâtre de détresses que l'esprit ne sait pas nommer. La peste dansante nous rappelle que la frontière entre la raison et la folie est plus mince que nous ne le croyons, et que la contagion psychologique est un phénomène aussi réel — et parfois aussi dangereux — que n'importe quelle maladie infectieuse.
Strasbourg en juillet 1518 nous rappelle une vérité ancienne : nous dansons toujours au bord du gouffre.

Sources et archives
- Waller, John. A Time to Dance, A Time to Die: The Extraordinary Story of the Dancing Plague of 1518. Icon Books, 2009.
- Bartholomew, Robert E. Little Green Men, Meowing Nuns, and Head-Hunting Panics: A Study of Mass Psychogenic Illness and Social Delusion. McFarland, 2001.
- Midelfort, H.C. Erik. A History of Madness in Sixteenth-Century Germany. Stanford University Press, 1998.
- Wikipedia : Dancing plague of 1518, Dancing mania, Ergotism.
- Chroniques de Strasbourg, archives municipales du XVIe siècle.